Commentaire d'un passage du Miroir d'Ambre

Commentaire d'un passage du Miroir d'Ambre
Extrait:"Will et Lyra suivirent le ruisseau à l'intérieur du bois, marchant avec prudence, parlant à peine, jusqu'à ce qu'ils débouchent au centre du bosquet.
Il y avait là une petite clairière tapissé d'herbe douce et de pierres recouvertes de mousse. Les branches entrelacées au-dessus de leurs têtes masquaient presque totalement le ciel, ne laissant filtrer que des paillettes de soleil dansantes, si bien que le décor était constellé d'or et d'argent.
Tout était calme. Seuls le murmure du ruisseau et parfois le bruissement des feuilles, tout là-haut dans les arbres, venaient troubler le silence.
Will posa le baluchon contenant les provisions et Lyra son petit sac à dos. Aucun signe des daemons-ombres, nulle part. Ils étaient totalement seuls.
Ils ôtèrent leurs chaussures, leurs chaussettes et s'assirent sur les pierres couvertes de mousse au bord du ruisseau. Ils plongèrent leurs pieds nus dans l'eau froide et le contraste de température les revigora.
- J'ai faim, déclara Will.
- Moi aussi, dit Lyra, même si sa faim était atténuée par un autre sentiment, quelque chose de diffus et de pressant à la fois, source de joie et de douleur, qu'elle ne parvenait pas à identifier.
Ils ouvrirent le balluchon et grignotèrent un peu de pain et de fromage. Curieusement, leurs gestes étaient lents et maladroits, et ils firent à peine attention à ce qu'ils mangèrent, bien que le pain soit frais et croustillant et le fromage plein de saveurs.
Lyra prit ensuite un des petits fruits rouges. Le coeur battant, elle se tourna vers son ami et dit :
-Will...
Elle approcha lentement le fruit de la bouche du garçon.
A son regard, elle vit qu'il avait compris immédiatement son intention, et qu'il était trop heureux pour parler. Les doigts de Lyra s'étaient posés sur ses lèvres ; il les sentait trembler. Il leva la main à son tour pour prendre ses doigts. Ils n'osaient plus se regarder, ils étaient désorientés et ivres de bonheur.
Tels deux papillons de nuit qui se heurtent maladroitement, avec la même légèreté, leurs lèvres entrèrent en contact. Et avant même qu'ils comprennent ce qui leur arrivait, ils s'enlacèrent et leurs visages se pressèrent l'un contre l'autre, aveuglément.
- Mary avait raison, murmura Will. Quand quelqu'un te plaît, tu le sens immédiatement... Quand tu dormais dans la montagne, avant qu'elle t'emmène, j'ai dit à Pan...
- J'ai entendu, dit Lyra à voix basse. J'étais réveillée et j'avais envie de te dire la même chose, et maintenant, je sais ce que je ressens depuis le début : je t'aime, Will, je t'aime...
Ce mot enflamma les sens de Will et fit vibrer tout son corps. Il lui répondit en utilisant le même mot, puis il embrassa son visage brûlant, encore et encore, s'abreuvant avec adoration de l'odeur de son corps, de ses cheveux chauds qui sentaient le miel et de sa bouche humide qui avait le goût sucré de ce petit fruit rouge.
Autour d'eux, tout n'était que silence, comme si le monde lui-même retenait son souffle."



Commentaire: Il est beau ce passage. C'est un des plus beau de l'histoire. A chaque fois que je le lit, je suis émerveillé, impressionné par la délicatesse des mots. Mais, à part sa beauté, ce passage est important car c'est le moment ou Lyra, partie se promener avec Will dans le bois, subit la Tentation. Lyra découvre enfin son amour pour Will. Ce passage ressemble beaucoup à l'histoire d'Eve et d'Adam dans la bible. Ici, Lyra joue le rôle d'Eve, Will celui d'Adam et Mary Malone remplace le serpent. A la place d'une pomme, c'est un petit fruit rouge que va faire croquer Lyra à Will, ce qui marquera leur passage dans l'adolescence. C'est une des première fois ou Lyra se retrouve vraiment seul avec Will, sans Pantalaimon à ses cotés. Les deux jeunes gens avouent alors leur passion l'un pour l'autre, qu'ils ont depuis le début et s'embrassent. Les sentiments de Will et Lyra sont merveilleusement bien décrit, bref, lisez ce passage et imaginez la scène. Je n'ai rien d'autre à ajouter.

# Posté le mardi 27 mars 2007 11:52

Modifié le dimanche 25 novembre 2007 05:39

Le thème de l'enfance et de l'adolescence dans le roman.

Le thème de l'enfance et de l'adolescence dans le roman.
Dans cette trilogie, Philip Pullman résume à merveille le passage de l'enfance à l'adolescence en se servant de Lyra, mais aussi des daemons, des Spectres...Nous allons voir comment il s'y prend pour raconter cette belle période de la vie.
Tout d'abord, Pullman s'est servi des daemons.En effet, ceux-ci change d'apparence uniquement pour les enfants mais pas pour les adultes et les adolescents, car les enfants sont insouscient et n'ont pas encore de personnalité qui leur est propre. Pour Lyra, son entrée dans l'adolescence est marquée dans le livre Le Miroir d'Ambre lorsqu'elle se sépare de Pantalaimon pour entreprendre son voyage dans le monde des morts. La séparation est très douloureuse, mais il est temps pour Lyra d'aller vers des choses importantes et d'être seule avec Will. Pan et le daemon de Will iront de leur coté et tomberont amoureux. Quand ils retrouverons Lyra et Will, ils prendront leur apparence définitive.
Avec la Poussière, Pullman nous montre également la différence entre enfants et adultes. La Poussière n'est attirée que par les gens ayant conscience d'eux-même c'est à dire les adultes et les adolescents, et n'affecte pas les enfants car un enfant est insouscient et n'a pas encore conscience de la vie qui l'entoure. Ce n'est qu'a l'adolescence qu'elle commence à se déposer, car c'est l'âge ou on prend conscience de bien des choses.
Les Spectres de Cittagazze, ne tuent que les adultes et adolescents car ils se nourrissent de conscience humaine. Les enfants, eux, peuvent passer près d'eux en toute sécurité car ils sont inconscients et les Spectres ne peuvent pas se nourrir.
Voila, j'ai fini de résumé ce thème central, même si pense que mon analyse peut être largement complétée. N'hésitez pas à me donner d'autres idées.



"...La Poussière qui se déversait des étoiles avait retrouvé un foyer vivant, et ces enfants qui n'étaient plus des enfants, débordants d'amour, étaient à l'origine de tout cela." Le Miroir d'Ambre p541

# Posté le mercredi 28 mars 2007 06:42

Modifié le dimanche 25 novembre 2007 05:38

Les rêves du savant.

Les rêves du savant.
Philip Pullman, à travers le personnage de Mary Malone, repousse à chaque fois les limites de la science, faisant découvrir à Mary ca que tous les savants du monde aimerait découvrir et voir. Tout commence lorsque le Dr Malone rencontre Lyra qui lui affirme qu'elle vient d'un autre monde. Mary a du mal à en croire ses yeux. Et pour cause! Imaginez que vous rencontriez quelqu'un qui vous affirme venir d'un autre univers. Très difficile à croire, surtout pour un scientifique mais je suppose que c'est le rêve de beaucoup de chercheur de prouver qu'il existe d'autres univers. Mais, pour Mary, le plus fabuleux, le plus incroyable pour elle va survenir après, lorsqu'elle verra la fenêtre dans le vide. Son émotion est très intense(voir extrait en dessous), elle croit rêver. Le monde des mulefas dans lequel elle se retrouvera l'enchantera et la fera encore douter de ce qu'elle vit car, pour Mary, rien de tout cela ne pouvait exister. Elle inventera ensuite le fameux miroir d'ambre, qui lui permettra de voir la Poussière à l'oeil nu et accomplira les recherches qu'elle faisait depuis plusieur années à Oxford. A la fin, lorsqu'elle repare pour toujours dans son monde, elle ne fera aucun compte rendu à des scientifiques de ces découvertes car c'est trop impossiblement scientifique. Pourtant, nous savons ce qu''il en est...ce n'était pas un rêve...même si Mary à cru rêver.


"...Rien dans son existence, ni même dans ses rêves les plus fous, ne l'avait préparée à la vision de ce mètre carré de vide en suspension dans l'air, ni au spectacle d'une ville endormie et silencieuse au bord de la mer..." La Tour des Anges p316

# Posté le jeudi 29 mars 2007 03:09

Modifié le dimanche 25 novembre 2007 12:34

La fin du roman

La fin du roman
Ah! La fin...la fin...la fin. C'est la plus belle fin de tous les livres que j'ai lu dans ma vie. Elle est émouvante, triste et magnifique. Je pleure à chaque fois que je la lit. Beaucoup de choses se passent; en voici les principales:


- Lyra perd son don de déchiffrer l'aléthiomètre. Je trouve ça dure pour elle.


-"Pourquoi ne puis-je plus déchiffrer l'aléthiomètre? Pourquoi ne puis-je même plus faire ça? C'était la seule chose que je savais faire réellement, et ce don a disparu...Il s'est volatilisé comme s'il n'avait jamais exister
- C'était la grâce qui te permettait de le déchiffrer, expliqua Xaphania. Tu peux retrouver ce don en travaillant.
- Combien de temps ça prendra?
-Toute une vie..."


-Lyra et Will apprennent qu'ils devront se quitter à tout jamais, et c'est ce qui est le plus triste.


-"Oui, seuls, dit Lyra
Ce mot déclencha en Will une immense vague de rage et de désespoir venue du plus profond de lui-même, comme si son esprit était un océan ébranlé tout à coup par quelque profonde secousse. Toute sa vie il avait été seul, et aujourd'hui, il devait retrouver sa solitude, car ce bonheur infini qui lui avait été offert devait lui être repris immediatement. Il sentit la vague enfler et s'élever jusqu'à obscurcir le ciel, il sentit la crête trembler et commencer à s'affaisser, et la gigantesque masse s'abattit avec tout le poids de l'océan derrière elle sur le rivage de l'inébranlable réalité."



Plein de chose encore se passent mais je ne vais pas tout vous raconter, lisez plutôt le livre et vous verrez par vous même. Par contre, je voudrais adresser un message à tous ceux qui disent que la fin est nulle car Will et Lyra se séparent. Savez vous, que dans la vie, tous ne se finit pas toujours bien? Savez vous qu'il faut parfois faire des choix? Donc, cette fin est superbe car elle montre que la vie n'est pas toujours telle que l'on l'a pensée, et qu'elle change justement de la plupart des livres ou tout se finit bien et ou les héros finissent heureux. Alors, vive la fin!( mais vous pouvez ne pas l'aimer pour d'autres raisons que celle que je viens de citer).



Ci-dessus, photo du Jardin Botanique avec le banc ou s'asseois Lyra et Will.

# Posté le vendredi 30 mars 2007 12:40

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 14:51

Avis sur le Miroir d'Ambre par un magazine

Avis sur le Miroir d'Ambre par un magazine
Le Miroir d'ambre, le troisième tome de la trilogie de Philip Pullman, " A la Croisée des mondes" sort enfin en France. Encore une série que les parents vont piquer à leurs enfants s'ils mettent le nez dedans.

Lorsqu'on a dévoré les deux premiers volumes d'une trilogie, on appréhende toujours de se plonger dans le troisième, même si on l'a attendu avec impatience. Par peur d'être déçu par la fin, de devoir abandonner des compagnons, les personnages principaux, qui vivent en nous. Aussi, lorsqu'on ouvre les pages du Miroir d'ambre, on y pénètre doucement, histoire de refaire à nouveau connaissance avec des amis que l'on n'a pas vus depuis longtemps, (en France, les deux premiers tomes, Le Royaume du Nord et La Tour des Anges, sont sortis en 1998). Et puis, très vite, reviennent les sentiments qu'on croyait oubliés comme la haine contre la troublante Mme Coulter, la mère de Lyra, qui au début du Miroir d'ambre maintient sa fille qu'elle a enlevée dans un sommeil artificiel, comme la joie de retrouver Will, l'ami de Lyra, qui à la fin du deuxième tome venait juste de retrouver et perdre à jamais son père.
Peu à peu, on se sent de nouveau chez soi. On retrouve l'énigmatique Lord Asriel (père de Lyra), le fantastique ours Iorek Byrnison, obligé de quitter son Royaume après le cataclysme déclenché à la fin de La Tour des Anges, mais aussi la sorcière Sérafina Pekkala ou Mary Malone, la scientifique qui vient du monde de Will (le nôtre) et qui travaille sur la mystérieuse Poussière. Et puis, ébahi, on découvre de nouveaux personnages : les Gallivespiens, espions de petite taille qui se déplacent à dos de libellule, les anges, mais aussi l'Autorité : « Dieu, le Créateur, le Seigneur, Yahvé, El, Donaï, le Roi, le Père, le Tout-Puissant... tels sont les noms qu'il s'est donnés mais il n'a jamais été le créateur. C'était un ange, [...] le premier ange, certes, le plus puissant. [...] A ceux qui sont venus ensuite, il a dit qu'il les avait crées, mais c'était un mensonge. » On visite également de nouveaux mondes : celui des mulefas, mammifères intelligents avec un squelette en forme de losange et « leur unique patte avant et leur unique patte arrière[qui] se terminaient... par une roue », dont l'existence est liée aux étranges fruits des arbres, ou encore le pays des morts...

Le Miroir d'ambre est stupéfiant, édifiant, fantastique. Difficile de se retenir pour ne pas raconter toutes les merveilleuses trouvailles de Pullman, la philosophie qui traverse cet ouvrage. C'est l'un des meilleurs livres jeunesse du moment. Il vient d'ailleurs de recevoir le Children Book of the Year Award, en Grande-Bretagne, récompenses qui sont à l'édition ce que sont les Césars au cinéma.

La trilogie « A la croisée des mondes » est un hymne à la vie et à l'espérance et tant pis si certains, notamment aux Etats-Unis y ont vu une critique de l'Eglise et de Dieu. Succombez à votre tour à la tentation et découvrez ces romans éblouissants.

# Posté le vendredi 30 mars 2007 12:54

Modifié le dimanche 25 novembre 2007 12:39